Par: Agence QMI Louis-Philippe Robillard n’est âgé que de 21 ans. Il a pourtant l’âme d’un vieux loup de mer ayant parcouru le monde et déjà affiche-t-il la verve de grands auteurs-compositeurs québécois. «Ça fait penser aux Colocs», murmuraient ici et là les spectateurs du Verre Bouteille, venus assister mardi soir au lancement du tout premier opus du jeune artiste, Le café des oiseaux. Son chapeau et sa veste à carreaux lui donnent immanquablement un air de bohémien. C’est que du haut de ses presque 21 hivers, il en a fait du chemin. D’Ottawa à Granby en passant par la Roumanie et la France, il a recueilli ici et là de quoi concocter un solide opus, réalisé avec Charles Fairfield en quatre jours après un périple du côté de l’Europe. Inspiré de la cabane d’oiseaux d’un des ses amis sur laquelle était inscrit Wildbird Café, Le café des oiseaux se veut la réunion de plusieurs personnages. «On peut s’attendre à s’y faire raconter quelques histoires, inspirées entre autres de gens croisés dans la rue mais que je n’ai pas toujours connus.» Les chansons, qui se veulent des mini épopées en soi, trouvent ainsi leur point d’ancrage dans différents lieux et différentes rencontres tout en étant soutenues par un folk ambiant construit sur harmonica, guitare, mandoline, dobro, violoncelle et banjo laissant toute la place à sa poésie. Pourquoi cette récurrence du thème des oiseaux, présent sur l’ensemble de l’album? «J’ai toujours beaucoup aimé regarder les oiseaux voler.» Mais peut-être aussi parce qu’ils évoquent la liberté, un certain nomadisme, tout comme la musique de Robillard. «Je ressens toujours le besoin de mouvement, de ne pas restant stagnant ou de figer dans le temps. Je me demande constamment : que reste-t-il à jouer? Qu’est-ce qui n’a pas encore été fait?» En prestation Guitare en mains, Robillard, après avoir été présenté au public par l’excellent artiste franco-ontarien Damien Robitaille, a d’emblée défendu la pièce Édouard, composée suite à sa rencontre avec un garçon de son âge vivant dans la rue. Son folk teinté d’influences tziganes et d’Europe de l’est avait déjà conquis l’assistance alors qu’il entamait sur une note humoristique Réflexions d’un bon citoyen. « Ah chu tellement écolo que j’me permets quatre autos. J’ferme toujours l’eau pis j’écris des deux bords d’la page. C’que j’fais l’samedi, j’lave mon entrée de garage.» L’image, pourtant bien réelle, a de quoi faire sourire. La magnifique Cold Wind, écrite alors que lui et sa copine revenaient de passer une semaine dans les montagnes, ainsi qu’Haute voltige, «une symphonie qui s’entête» composée dans un cours de conduite – « Je n’ai toujours pas mes licences», confiera-t-il en riant – ont confirmé que le jeune oiseau venait de prendre un envol qui le mènera assurément loin. «La scène est ma chambre des communes, j’y défends tout ce en quoi je crois.» Et que défend-il corps et âme? «Que nous sommes tous dans le même bateau. Qu’on soit né à Joliette ou au Sénégal, il y a des histoires qu’on partage, dans des contextes vraiment différents. Il y a quelque chose de fondamental qui nous unit tous.» Voilà probablement pourquoi ses sobres histoires nous touchent au plus haut point. Vers de larges horizons À l’aube de la vingtaine, Robillard cumule déjà de nombreuses distinctions, dont le Prix Réseau Contact Ontarois à Ontario Pop et celui des Conseils des festivals folks de l’Ontario. Après avoir accéder à la demi-finale du Festival international de la chanson de Granby, il étudie à l’école nationale de la chanson de Granby avant de peaufiner ses techniques avec des ateliers de formation à Petite-Vallée. S’il se doit de raffiner son style musical, l’album, éclectique, va parfois musicalement dans tous les sens, Robillard est définitivement de la trempe de grands artistes tels que Dédé Fortin, pour ne citer que celui-ci. http://fr.canoe.ca/cgi-bin/imprimer.cgi?id=601442 |