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La commercialisation – Les conseils du jour

Conseil 1 : Planifier sa date de sortie

Trop souvent, les artistes ne sont pas encore sortis du studio qu’ils pensent déjà à une période, voir une date, pour sortir leurs futurs projets. Et c’est une erreur majeure. Il est important de s’imposer des deadlines (qui souvent découlent d’une subvention), mais il est aussi important de ne pas se mettre de pression pour pouvoir faire face à des imprévus et des contretemps. Alors comment bien planifier ma sortie?

1- Une fois que votre projet est mixé et matricé, vous pouvez définir une période approximative de sortie. Cette échéance doit être à titre indicatif d’environ 6 à 8 mois d’avance (exemple : début d’été, fin d’hiver, etc). Il est important de planifier avec beaucoup de temps d’avance car bien trop souvent, on est vraiment impatient de partager son prochain album et on se précipite pour le sortir. C’est là que le moindre petit imprévu devient anxiogène, voir néfaste, et que l’on prépare mal sa sortie. Avec 6 à 8 mois d’avance, vous avez le temps de monter votre équipe, préparer toute la campagne visuelle (pochette, photos promos, publicités), préparer votre stratégie et votre plan marketing. Et surtout, vous pouvez ajuster le tir s’il y a des imprévus.

2- Quand votre équipe est montée, que vous avez toutes les pièces nécessaires (visuels, plan marketing, plan promotionnel) et que vous êtes prêt à distribuer le projet, vous pouvez définir une date de sortie. De préférence, définissez cette date avec votre équipe et/ou votre distributeur. Il est important, de compter 8 semaines entre le moment où vous entamez le processus de distribution (envoie du matériel au distributeur) et la date de sortie.

Il est donc préférable de définir sa date de sortie de façon pyramidale. Au début du projet, on cible très large et, plus on avance dans le processus, plus on précise et on réajuste la période.

 


Conseil 2 : Monter une équipe

Hier, on a brièvement évoqué le fait d’avoir une équipe. Car, on peut être un artiste indépendant, cela n’empêche pas de se constituer une équipe pour sa commercialisation. Effectivement, il va falloir investir un petit peu, mais en fonction de vos objectifs, ces investissements sont essentiels. Comment monter une bonne équipe pour votre projet?

1- D’abord, avant même de recruter, il faut identifier la nature de votre projet. Il est important de savoir où vous voulez positionner votre musique, dans quelle scène, dans quel style de musique. Oubliez le genre « Musique francophone ». Ce n’est pas un genre ou un style de musique. Soyez plus précis.

2- Pour mieux situer son projet, il faut identifier, comprendre votre public cible et votre territoire. C’est essentiel. Car comprendre son audience, c’est savoir où mettre ses efforts.

3- Une fois que vous avez positionné votre projet, il faut cibler des postes clés par territoire. Les provinces ne fonctionnent pas toutes de la même façon. Il est important d’avoir une stratégie pour chaque province que vous avez décidé de travailler et donc d’avoir une équipe par territoire.
Quels sont les postes essentiels pour son équipe? Dans l’idéal et si on a les moyens, tous les postes sont importants. Maintenant, si votre budget est limité, nous vous conseillons d’avoir :
– Un.e relationniste de presse
– Un.e graphiste
– Un service de distribution reconnu. Si possible, essayez d’avoir un intermédiaire pour votre distribution. Sachez par ailleurs que l’APCM offre un service de sous-distribution avec Believe Distribution Services Canada pour tous ses membres.

Si votre budget vous le permet, il est aussi important d’avoir un.e pisteur.se radio.
Avant d’engager quiconque, regardez sur quels projets ces professionnels ont déjà travaillé pour savoir si cela correspond bien à vos besoins. En conclusion, il est très important d’avoir pris le temps de faire les 3 étapes ci-dessus pour monter une équipe qui vous assurera une meilleure commercialisation et qui donnera de la crédibilité à votre projet.

 


Conseil 3 : Créer une identité visuelle

Dans le conseil précédent, nous parlions de graphiste dans les éléments essentiels d’une équipe. Ce choix peut surprendre, mais il est une priorité incontournable de nos jours. À l’ère du numérique, les consommateurs de musique sont bombardés de nouveaux contenus. L’aspect visuel de votre projet peut aider les auditeurs à s’y intéresser. Car le premier contact avec votre musique est bien souvent visuel (un partage sur les réseaux sociaux, un article, une pochette d’album sur Spotify, etc). Il est donc nécessaire de trouver une identité visuelle forte, qui fonctionne avec votre musique. Il doit y avoir une cohérence entre l’image et le son. Ne vous contentez plus d’une simple photo de vous pour votre pochette d’album. Essayez de créer un univers autour de votre projet et déclinez-le pour toutes vos plateformes (réseaux sociaux, site internet, flyers, pages Apple Music, Spotify, etc). On parle ici de créer un branding autour du projet qui va aussi influencer vos visuels, vos vidéoclips, vos photos promotionnelles (avoir un shooting professionnel est indispensable), vos communications. On cherche vraiment une ligne directrice qui va faire « entendre votre musique au premier regard ».
Un.e auditeur.trice doit imaginer le son de votre projet avec votre visuel. Le plus difficile, c’est de ne pas tomber dans les clichés. Alors ne vous dites pas « je fais du rock, je vais voir les identités visuelles des groupes du moment ». Travaillez plutôt autour de la thématique de votre album, sur les choses qui vous inspirent, soyez originaux, audacieux et surtout soyez vous-même. Une fois ces éléments clés déterminés, trouvez un graphiste qui va pouvoir réaliser cette identité visuelle. Il est très important de nourrir le travail de votre graphiste dans la conception. Il va pouvoir vous guider, vous suggérer des choses, ajouter son univers et sa « marque de fabrique » à vos idées. Par contre, il ne peut pas faire le travail de « recherche » sur votre identité à votre place.

Le graphiste, comme vous, est un artiste qui a son univers. Il est important de choisir cet artiste en fonction de ses œuvres, voir si son style et le vôtre fonctionnent ensemble. Car son identité et son travail auront un gros impact sur le visuel de votre projet. Prenez le temps de vous intéresser à l’univers et au travail des professionnels avec qui vous travaillez en règle générale. Et si on revient au conseil numéro 1, vous avez fait en sorte d’avoir le temps car votre deadline n’arrive pas trop vite.

 


Conseil 4 : Établir un plan marketing

De nos jours, il est essentiel d’avoir un plan marketing et un plan promotionnel pour la commercialisation de son album. Souvent le plan promotionnel sera une partie du plan marketing. Mais alors, c’est quoi un plan marketing? Le plan marketing, c’est pour expliquer votre stratégie et les moyens que vous allez mettre en place pour la réussite de votre commercialisation. Dans les conseils précédents, on a déjà brièvement parlé d’éléments qui seront importants afin d’établir votre stratégie, à savoir son public cible, son territoire, sa scène et ses objectifs. Chacun de ces paramètres vont définir votre plan d’action. Voici les étapes pour faire son plan marketing.

1- Définissez vos objectifs. Est-ce que vous voulez engendrer des streams ou vendre des albums physiques (oui oui ça se fait encore)? Est-ce que vous voulez développer votre audience ou bien renforcer celle qui vous suit déjà? Il peut y avoir une multitude d’objectifs. Il faut être réaliste et pour cela vous devez comprendre d’où vous partez et où vous désirez vous rendre. Il est mieux de définir plusieurs objectifs, à court, moyen et long terme. Mais les objectifs sont différents pour chacun. Il est important d’en prendre conscience et de ne pas fixer la barre trop haute.

2- Identifiez le public cible. On en a déjà un peu parlé. Mais pour maximiser l’impact de son plan marketing et de sa promotion, il faut savoir à qui on s’adresse. Oubliez les critères génériques. Vous allez probablement gâcher de l’énergie et des ressources. Focalisez-vous sur votre public cible. Il y a des outils pour vous aider à le déterminer. Explorez vos statistiques Facebook, Instagram, YouTube, Spotify, Apple Music. Comparez-les, regardez les points communs avec les gens qui vous suivent selon les plateformes.

3- Adaptez vos communications et votre promotion. Oubliez donc le critère 7-77 ans. Une fois que vous avez définit le public cible, il faut communiquer avec. Vos campagnes, vos publicités (Facebook ou autres) doivent lui parler. Il est donc important de comprendre comment communiquer avec ce public. Quels sont les meilleurs moyens, les meilleurs modes de transmissions, etc.

4. Définissez vos outils de travail. Est-ce que vous allez plus axer votre communication sur les médias traditionnels (radio, télé, etc) ou sur le numérique. Il ne faut pas négliger les médias numériques. Même si votre public cible se trouve majoritairement sur les médias traditionnels, le numérique occupe une place très importante dans l’industrie de la musique.

5. Précisez vos actions. Dans votre plan marketing, soyez précis sur les actions que vous entreprenez. Il faut donc toujours expliquer et définir la durée de l’action, le budget alloué, le vecteur (une vidéo, une campagne de pub, etc), la raison d’utilisation de cette action avec votre public cible, l’impact espéré, etc. Fournissez des statistiques quand vous en avez. Par exemple, combien de fois vos vidéos ont été vues sur une campagne. C’est plus sérieux si vous fournissez et détaillez les chiffres de votre audience potentielle sur vos campagnes de publicités (combien de personnes votre campagne peut potentiellement toucher.). Et ne pensez pas que plus vos chiffres sont gros, plus ça va impressionner. Au contraire, on veut une campagne bien ciblée plutôt qu’une campagne trop large.

6. Établissez votre stratégie. Pour conclure, avec tous ces points, vous devez être capable d’établir une stratégie pertinente et réfléchie. Cette stratégie doit répondre à ces questions de base: Sur quel format ou plateforme vous allez concentrer votre action (Bandcamp, Spotify, CD physique, vinyles, etc)? Sur quels territoires? De quelles façons et pendant combien de temps? Sur quelles communautés ou quels groupes d’individus? Comment répartissez-vous votre budget et pourquoi? Votre plan marketing doit nous faire comprendre que toute vos actions sont pensées et réfléchies pour maximiser leurs efficacités.

 


Conseil 5 : Préparer sa mise en marché

La mise en marché numérique, ou distribution, est une étape des plus importantes pour la réussite de votre commercialisation. Après des mois, voire des années de travail, tout repose sur cet élément crucial. Comment bien se préparer et qu’est-ce que l’on peut faire au moment de cette mise en marché? L’objectif pour beaucoup d’artistes dans la distribution numérique, c’est l’obtention de listes de lecture éditoriales (des listes de lecture directement générées par les plateformes de streaming comme Apple Music, Spotify ou Amazon). Bien qu’il n’y ait pas de « formule magique » pour figurer dans ces listes, vous pouvez quand même mettre des chances de votre côté en exécutant au mieux ce processus de distribution. Alors au moment où vous prenez contact avec votre distributeur pour sortir votre projet, voici les étapes à suivre et les éléments à préparer pour un bon processus de distribution.

1. Organisez votre matériel. Avant même la prise de contact avec votre distributeur, prenez le temps de bien organiser le matériel qui entoure votre sortie. Dans un dossier dropbox ou google drive par exemple, ajoutez vos photos promotionnelles (deux à trois), vos masters au format WAVE 16bits et MP3, votre pochette, vos paroles, la description du projet (en français et en anglais), votre plan marketing et votre dossier de presse. Et si possible, pour faciliter le travail de tout le monde, classez ces éléments dans des dossiers et mettez ça bien en ordre. De plus et pour ne pas perdre de temps, déclarez vos œuvres à vos sociétés de gestion et attribuez les codes ISRC à vos pièces (ça vous sera demandé à l’étape 2).

2. Initiez le contact avec votre distribution. Une fois que l’étape une est terminée, prenez contact avec votre distributeur pour enclencher la marche à suivre. Dans l’idéal, vous devez initier ce contact minimum 8 semaines avant la sortie de votre projet. Car la distribution est un processus qui demande un travail de planification entre le distributeur et les plateformes numériques. Dans notre cas, l’APCM vous donnera un tableau à compléter avec toutes les informations nécessaires à ajouter pour compléter votre demande de distribution (Producteur de l’album, réalisateur, arrangeur, auteur, compositeur, ISRC, etc.) et ça peut prendre du temps à faire.

3. Communiquez sur votre sortie. Il est important, une fois que le distributeur vous a donné le feu vert, de communiquer sur votre sortie. Et pour cela, vous pouvez utiliser un « smart url » (lien qui regroupe toutes vos plateformes d’écoutes dans une seule place pour faciliter la promotion). Il va permettre à vos auditeurs de pré-sauvegarder ou précommander votre musique. Il est donc important de diriger vos communications sur ce lien, pour que vous puissiez engendrer des précommandes et pré-sauvegardes. Cela peut permettre aux plateformes de vous remarquer.

Après cela et au moment de la sortie, on vous encourage fortement à nous contacter (si vous n’êtes pas en distribution avec nous) pour être ajouté à nos listes de lecture. Aussi, on vous encourage à générer vos propres listes, avec des artistes qui vous inspirent, et de les promouvoir afin de créer des liens de métadonnées entre votre projet et ces artistes-là. N’hésitez pas aussi à contacter des individus ou des organismes que vous suivez afin de savoir s’ils peuvent ajouter votre musique dans leurs listes de lecture. Ne soyez pas achalant et soyez stratégique dans votre approche. Il est toujours important de respecter une logique dans votre démarchage. Par contre, il est extrêmement important de ne pas payer des placements dans des listes de lecture, avec des auditeurs de pays étrangers. Dans un premier temps et sauf si vous développez ce territoire, ces écoutes peuvent vous desservir. Car en effet, vous allez avoir des écoutes, mais vous vous exposez au risque d’avoir un taux de « skip » élevé. Le taux de skip, c’est quand les auditeurs zappent vos chansons. Pour les plateformes, le taux de « skip » est une valeur très importante pour le placement de vos chansons dans les listes de lecture éditoriales. De plus, la majorité de ces listes de lecture payantes sont écoutées par des robots et des fermes de streams (il n’y a donc pas d’auditeurs réels) et les plateformes d’écoute sont capables de le détecter. En conséquence, ils peuvent bannir définitivement votre projet de toutes listes de lecture éditoriales. Alors nous insistons, mais encore une fois et comme expliqué hier, ce n’est pas parce que vos chiffres sont gros que c’est un symbole de réussite. De nos jours, il est facile de détecter de « faux streams » et ça aura un effet beaucoup plus péjoratif sur votre projet qu’autre chose.

Un dernier point pour conclure. La réussite d’une bonne commercialisation ne se traduit pas uniquement par le nombre de streams et de listes de lecture éditoriales obtenues. Il y a des artistes qui basent leurs efforts de commercialisation de différentes façons, sur d’autres plateformes (physique, soundcloud, bandcamp, etc.), avec d’autres objectifs aussi (vente de marchandises, nombres de spectacles qui découlent de l’album, etc.). Il n’y a pas juste un modèle de réussite et une façon de faire. Vos objectifs de commercialisation peuvent aussi dépendre et changer selon le positionnement de votre projet, la scène ou le marché dans lesquels vous évoluez, le style musical, le public cible, etc. C’est donc à vous, encore une fois, de prendre le temps de déterminer votre positionnement et vos objectifs avant de vous lancer dans la commercialisation.

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